EXCLUSIF Yacouba Songné (BFA / Yanga SC) : "Répondre présent si le pays m'appelle"

Publié le par Frank Simon

Expatrié successivement au Mali, au Ghana et maintenant en Tanzanie, le Burkinabé Yacouba Songné rêve aujourd'hui des Etalons et de la sélection nationale.

Expatrié successivement au Mali, au Ghana et maintenant en Tanzanie, le Burkinabé Yacouba Songné rêve aujourd'hui des Etalons et de la sélection nationale.

Après deux saisons au Ghana, le Burkinabé Yacouba Songné s'est engagé pour deux ans chez les "Mwananchi" de Young Africans à Dar Es-Salaam. Agé de 29 ans, le natif de Bobo Dioulasso se régale dans la Ligi Kuu Bara, le championnat tanzanien. Il s'apprête à disputer coup sur coup deux derbys face au grand rival Simba : ce samedi, décisif pour le titre. Puis le 25 juillet en finale de la Coupe nationale, après avoir inscrit le but décisif en demie. Un entretien exclusif accordé à @AfroFootball55.

 

" Yacouba, bonjour ou Habari, comme on dit en Tanzanie ! Raconte-nous tes débuts dans le football burkinabè...

Comme tout jeune amoureux du ballon rond, il était important pour moi de passer par un centre de formation. Pour cela, J’ai réussi au teste d’entrée dans un centre allemand dans la capitale Ouagadougou, FOGEBU, où j’ai passé trois belles années. Ensuite et pour parfaire ma formation et être apte à pourvoir jouer au haut niveau, je suis allé au Sénégal à Génération foot, en 2010-2011. J’ai appris à jouer autrement au football là-bas. Après deux années, je suis revenu dans ma ville natale, Bobo Dioulasso, où un entraineur que je connais depuis tout petit,Oscar Barro, m'a fait signer mon premier contrat. C’était avec le promu Bobo Sport.

C'est là que tu t'es fait connaître...

Après une seule année de championnat, j’ai pu taper dans l’œil des recruteurs de l’EFO, l'Etoile Filante de Ouagadougou, où j’ai évolué par la suite pendant trois saisons. C'est dans ce club que j'ai terminé deuxième meilleur buteur, au cours de ma 3ème année derrière Banou Diawara, l'actuel attaquant de l'ASEC d'Abidjan. J’avais rejoint ce club car c’est un club de l’élite qui joue chaque année le titre. L'Etoile, c’est la reine des stades au Burkina même si ces temps-ci, elle traverse des moments difficiles.

As-tu toujours joué attaquant ?

Non ! Je n’ai pas toujours joué attaquant. Depuis la formation, j’évoluais sur le côté et j’ai commencé à jouer un peu partout dans les lignes offensives à l’EFO. J'ai même été aligné milieu défensif et milieu relayeur !

Pourquoi as-tu rejoint le RC Kadiogo après l'EFO ?

J'ai rejoint le RC Kadiogo parce qu'après quatre années de championnat, je commençais à manquer de quelque chose : les titres ! Je voulais gagner, gagner et encore gagner  ! Le coach  Kamou Malo, l’acteur sélectionneur des Etalons du Burkina Faso, a vu que je pouvais apporter ma pierre à ce que le RC Kadiogo était en train de construire. De mon côté, j’ai trouvé le projet intéressant.

Ensuite, tu as connu ta première expérience à l’étranger, du côté du Stade Malien. Raconte-nous pourquoi tu es parti là-bas...

Effectivement, le Stade Malien était à mes trousses ! Après seulement six mois passés chez les "Faucons" du RCK, je me suis posé la question : partir pour un nouveau challenge ou rester et prouver au RC Kadiogo. Je dis "prouver" parce que quand je suis venu au RCK, j’ai connu quelques pépins physiques qui m'ont empêché d’enchainer les matches. Alors, comme je suis un compétiteur, je savais que le championnat malien pouvait être un tremplin pour moi.

Sauf qu'après une saison, tu pars au Ghana, du côté de l'Ashanti Kotoko de Kumasi où tu as évolué deux saisons (2018-2020). C’était comment sur place ?

Ashanti Kotoko de Kumasi est le club qui m’a sans doute fait connaitre sur le plan continental. Au passage, je salue tous mes anciens coéquipiers et les supporters des Porc-Epics. J’ai eu une adaptation plus ou moins difficile avec la langue que je ne comprenais pas au début. Il y a eu aussi  le système de jeu dans lequel l’entraineur voulait me faire évoluer sans parler du climat car là-bas, il pleut énormément par rapport au Burkina ou au Mali ! Mais à force de travail, de détermination et surtout d’envie, j’ai fini par m’adapter et évoluer à un poste qui ne m'était pas trop familier : celui d’attaquant de pointe. Je suis travailleur et c'est grâce à ça si j’y suis arrivé. Au Ghana, mon passe-temps favori c’était... le travail ! Je m’entraînais généralement deux fois par jour et le reste du temps je récupérais car je voulais toujours être à mon meilleur niveau pour toujours jouer. A l'arrivée, jouer au Ghana a été une super expérience et le stade de Kumasi est tellement chaud que quand tes crampons foulent le gazon !

Depuis aout, tu as rejoint la Tanzanie et Yanga. Pourquoi ?

Après avoir disputé la coupe de la Confédération avec le Kotoko, de nombreux clubs ont fait savoir qu'ils souhaitaient mes services, notamment les Young Africans (Yanga, TANZ),Orlando Pirates, Zesco, Al Ahly, le Nkana FC etc. Mais avec la crise sanitaire je ne pouvais que venir ici en Tanzanie parce que les autres championnats étaient à l'arrêt. Aujourd'hui, je pense que j’ai fait un très bon choix car je me sens comme chez moi à Dar-Es-Salaam. J’ai reçu un accueil digne d’un prince. Je me dois de mouiller le maillot pour ce club. J’y ai eu une intégration facile et comme j’avais quelques notions d’anglais depuis le Ghana, la langue ne m’a pas posé de problème. J'ai inscrit 9 buts puis 5 buts là-bas. En Coupe africaine, deux réalisations et cinq passes décisives.

Et les étalons dans tout ça ? Les 8 buts en championnat tanzanien plus 2 en Coupe (et 2 passes décisives) devraient attirer l'attention du sélectionneur Kamou Malo, qui te connaît bien...

Les Etalons, c’est le rêve de tout gosse. Se battre dans la vie, c’est ce que mon père m’a toujours appris et il faut se battre pour mériter une place au sein du groupe des Etalons. Défendre les couleurs nationales, c’est le devoir de tout patriote et moi ce que je sais faire de mieux c’est de jouer au football. Voilà pourquoi je veux défendre les couleurs en jouant pour ma patrie. C’est vrai que les fans burkinabè ne connaissent pas assez le championnat ou j’évolue mais je vais toujours redoubler d’effort et maximiser le travail afin de toujours répondre présent quand la patrie fera appel à moi, surtout pour une compétition comme la CAN.

Tu vas jouer la finale de la Coupe de Tanzanie contre le Simba SC le 25 juillet, un derby explosif...

Oui, mais avant la finale de la Coupe, il y a le sommet de ce samedi 3 juillet en championnat, décisif pour le titre. On fera tout pour gagner ça. Simba est un sérieux adversaire et il est l’un des grands clubs du pays avec le Yanga en Tanzanie.  C’est un club que nous respectons mais que nous ne craignons pas. C’est une finale et chacun aura son mot à dire. On va se donner les moyens de la remporter. C’est vrai que Simba dispose d’un effectif riche d'internationaux mais nous aussi avons des joueurs pétris de talent et d’énormes potentiels en notre sein. Pour ce qui est de leur entraineur (Didier Gomes Da Ros, NB), c'est un super tacticien et il l'a prouvé lors de la campagne africaine où ils ont enchainé victoire sur victoire."

Propos recueillis par Frank Simon

Copyright @AfroFootball55

 

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