Didier Gomes Da Rosa (Simba SC / TANZ) : « Battre Yanga et rendre heureux nos fans !"

Publié le par Frank Simon

Didier Gomes Da Rosa, un entraîneur français devenu citoyen du monde après des passages dans huit championnats africains différents (Rwanda, Cameroun, Algérie, Ethiopie, Guinée, Egypte, Soudan et désormais Tanzanie)

Didier Gomes Da Rosa, un entraîneur français devenu citoyen du monde après des passages dans huit championnats africains différents (Rwanda, Cameroun, Algérie, Ethiopie, Guinée, Egypte, Soudan et désormais Tanzanie)

Arrivé cet hiver du côté du Simba SC de Dar-es-Salaam (D1 tanzanienne), le technicien français présent sur la scène africaine depuis plus de 10 ans * est en passe de réaliser le doublé Coupe-championnat. Il nous raconte le bonheur de diriger au quotidien l’un des clubs les plus professionnels d’Afrique.

« Didier, vous vivez une belle saison à la tête du Simba SC, à peine assombrie par cette élimination en quart de finale de la Ligue des champions par les Kaizer Chiefs, qui joueront la finale contre le Ahly du Caire le 17 juillet…

Et cette élimination me laissera un goût amer pour la vie. Je pense vraiment qu’on avait notre place dans le Final 4. On perd 4-0 à l’aller et on n’avait jamais encaissé autant de buts ! On s’est perdus là-bas, je n’en dirais pas plus. On a manqué de concentration. Au final, ce beau parcours laisse énormément de regrets ici. On aura quand même battu le Ahly du Caire, le meilleur club cette saison.

Les choses se passent bien en revanche en championnat puisque vous occupez la tête de la compétition avec six longueurs d’avance sur Yanga, qui compte deux matches de plus que vous, à quelques jours de la fin…

Attention, ce n’est pas un championnat facile ! A l’extérieur, on joue régulièrement sur des terrains « compliqués ». Du coup, on doit s’adapter sur le plan stratégique : 4-4-2 loin de chez nous, 4-3-3 à Dar. J’ai la chance que les joueurs croient en mes idées. On a aussi déjà à trois défenseurs. C’est un groupe de qualité, très impliqué.

Vous venez aussi de vous qualifier pour la finale de la Coupe nationale après avoir éliminé Azam FC 1-0…

C’est une excellente équipe qui joue le titre chaque saison, avec un coach zambien, George Lwandamina. Azam joue bien au ballon et a d’ailleurs battu Young Africans (Yanga), notre grand rival et concurrent, en championnat. On est passé par le trou de la serrure et marqué à la 90e sur un but . On doit affronter Yanga en finale le 25 juillet à Kigoma. Et nous n’avons pas l’intention de leur abandonner le trophée !

Avant cela, vous allez retrouver Yanga ce samedi 2 juillet en championnat !

Et il n’y aura pas besoin de motiver les joueurs. L’enjeu est simple : une victoire nous assurerait quasiment le titre de champion, avec 9 points d’avance. A nous de terminer le travail pour donner du bonheur à nos centaines de milliers de supporters.

Le « Kariakoo derby » entre Simba et Yanga est reconnu et réputé comme l’un des plus beaux du continent africain…

Il suscite beaucoup de passion et de tension. Le match risque d’être électrique. Mais je reste très positif : que ce soit au plans collectif, technique ou de la maturité, nous possédons les armes pour remporter le titre 2021. Si on réussit le doublé domestique, cela atténuera la tristesse de ceux qui aiment Simba.

Yanga aura envie de vous faire chuter, en championnat comme en Coupe. Cela promet des débats animés !

Nous sommes sûrs de nos forces, on va prendre ces matches très calmement. On s’attend à de l’impact et de l’agressivité. A nous de répondre… positivement. Collectivement, on peut faire très mal !

Simba a la particularité de disposer d’un très large encadrement technique… cosmopolite. Comment cela se passe entre toutes ces composantes ?

On travaille très bien, et on s’amuse beaucoup aussi. On passe de bons moments ensemble et puis il y a ce groupe de joueurs auxquels je crois beaucoup. Si vous le permettez, je voudrais associer à ce tableau notre CEO Barbara Gonzalez qui veille au bien-être de tout le monde au club.

A l’évidence, vous vous sentez bien dans ce club !

Oui, parce que c’est un club qui ne cesse de grandir ! On cherche à faire progresser notre département de jeunes. Il y a des choses à réaliser afin de mieux les organiser. Et le club va mettre ça en place dès la saison prochaine. Deux jeunes seront d’ailleurs promus au sein de l’effectif pro à la rentrée prochaine.

Parlons un peu de vos joueurs. Ont-ils l’étoffe pour évoluer à l’étranger, en Europe ou ailleurs ?

Quand on voit la qualité technique d’un Luis Miquissone, notre Mozambicain… Comment ce garçon n’évolue-t-il pas en Europe ? Je pourrais vous parler aussi du Zambien Clatous Chama, de Kapombe notre latéral qui fit un court passage à l’AS Cannes… Oui, il y a de la qualité à Simba.

A vous écouter, on vous imagine rester quelque temps à Dar-es-Salaam !

Effectivement, il y a cette envie de m’installer ici sur un cycle de trois-quatre ans. Je suis lié jusqu’en 2022 pour l’instant.

A quand Didier Gomes Da Rosa sur le banc d’une sélection nationale ?

Une équipe nationale, c’est le coup d’après. J’ai la chance d’avoir un agent bienveillant avec lequel je bâtis mon plan de carrière. »

Propos recueillis par Frank Simon

Copyright @AfroFootball55

*Didier Gomes Da Rosa fut 3e lauréat du Prix Raymond Zarpa 2013 organisé par @Afrofootball55, et dont la première édition fut remportée par Pascal Janin, et la deuxième par Michel Dussuyer.

Lire : http://afrofootball55.over-blog.com/2014/12/didier-gomes-da-rosa-je-ne-m-imaginais-jamais-a-ce-niveau.html

 

Publié dans INTERVIEW

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