Maroc, le joli prix de consolation

Publié le par Frank Simon

Maroc, le joli prix de consolation

La présence du Raja en demi-finale de la Coupe du monde des clubs organisée en ce moment sur le sol marocain est plutôt une bonne nouvelle pour le football du pays.


Battu dans la course à l’organisation de la phase finale de la CM 2010 par l’Afrique du Sud, le Maroc regrettera certainement longtemps encore d’avoir été devancé par la « Rainbow Nation » en mai 2004. A l’annonce de sa défaite, et nous y étions, ses représentants –en particulier les médias- avaient bruyamment quitté le centre de conférences de Zurich, provoquant un brouhaha terrible. Sans oublier quelques mots déplacés et finalement peu sympathiques à l’égard de la FIFA et du pays retenu. Neuf ans plus tard, le royaume chérifien accueille sur son sol la Coupe du monde des clubs, et ce pour deux éditions. Comme un prix de consolation finalement, après que le Japon et les pays du Golfe aient trusté pendant plusieurs années le droit d’abriter cette compétition de fin d’année.

Naturellement, cette opportunité offerte au Maroc ne doit rien au hasard du calendrier, loin s’en faut. Dans un an, le pays sera en effet l’hôte de la Coupe d’Afrique des Nations, 27 ans après avoir accueilli une édition qui ne marqua pas vraiment les esprits au plan sportif. La construction de nouvelles enceintes -ou la transformation d’anciennes pour répondre au cahier des charges de la CA- nécessitaient effectivement un (ou plusieurs) test grandeur nature. Et, même si une Coupe du monde des clubs ne s’étend pas sur un mois, comme c’est le cas pour une CAN, elle s’avèrera bien précieuse pour jauger le potentiel marocain.

En pleine transition sur le plan fédéral et toujours à la recherche du sélectionneur qui saura enfin bâtir une sélection capable d’aller au bout de cette CAN 2015, le football marocain a, c’est une évidence, besoin de se rassurer. Sur ses capacités organisationnelles autant que vis-à-vis d’un continent qui le percevait encore il n’y a pas si longtemps comme une vraie puissance africaine. Bref, il lui faut démontrer son savoir-faire et afficher ses ambitions.

Ses clubs traditionnels – Wydad, Raja, FAR – ne figurent plus aujourd’hui au premier rang continental. Sa sélection A, poussive à la CAN 2013 (éliminée au 1er tour) ne s’est plus qualifiée pour une Coupe du monde depuis… 1998 ! Sportivement, on sent pourtant que la relève n’est plus très loin, avec des sélections de jeunes qui percent (U17, U20). L’arrivée d’Erik Gerets, en 2011, avait laissé penser que la sortie du tunnel était pour demain. Mais ce n’était qu’un mirage, symbolisé par la victoire (4-0) contre l’Algérie restée sans suite.

Depuis la CAN 2004, que les Lions de l’Atlas furent si proches de remporter – tombés 2-1 en finale contre la Tunis à Radès – les déceptions se sont enchaînées. Aujourd’hui, seule l’Académie Mohamed VI, créée voici quelques années à Rabat et dirigée par Nasser Larguet, un grand formateur, paraît incarner un futur certainement radieux. Les pensionnaires de cette Académie royale grandissent et s’épanouissent dans une structure unique sur le continent africain. Chaque année, elle « produit » de jeunes internationaux et tout dernièrement, l’une de ses équipes a fait étalage de son talent en atteignant la finale du tournoi international du district d’Abidjan (TIDA) début décembre.

En attendant, le public marocain savoure comme il se doit l’inattendu parcours du Raja en Coupe du monde des clubs, lui qui s’est hissé en demies sous la conduite du Tunisien Faouzi Benzarti, nommé quelques jours avant l’épreuve. Et certaines voix de l’expédier, déjà, sur le banc des Lions de l’Atlas…

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