Le CHAN 2014, ils y pensent tous !

Publié le par Frank Simon

Le CHAN 2014, ils y pensent tous !

A quoi donc servent tous ces tournois réservés aux joueurs locaux, et qui rythment cette fin d’année sur le continent ?

Depuis hier lundi, le Gabon accueille, à Bitam et Franceville, la huitième édition du tournoi de la Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), qui était en sommeil depuis 2010. Une énième compétition aux yeux des Européens qui ne comprennent pas parfois, tout l’intérêt de ces épreuves sous-régionales, à l’instar de l’UEMOA, récemment remportée à Abidjan par le Burkina Faso, ou encore la CECAFA (Afrique de l’Est), entrée dans sa dernière semaine de compétition. Avant le tournoi de la CEMAC, il y eut, entre 1984 et 1990, le défunt tournoi de l’UDEAC (Union Douanière et économique d’Afrique centrale) auquel participèrent de très grands joueurs.
A quoi servirait donc ce type de compétition, réservée pour le coup à des joueurs issus des championnats locaux ? Pour la Guinée Equatoriale, le Tchad, le Congo, le Gabon (qui compte dans ses rangs Daniel Cousin), le Cameroun et la Centrafrique, il s’agit avant tout d’offrir aux joueurs du terroir un théâtre d’expression et, qui sait, la possibilité d’intégrer les sélections A. Mais pas seulement. Dans le cas du Congo et du Gabon, par exemple, ils ont vocation à préparer avec la CEMAC le prochain Championnat d’Afrique des Nations 2014 (11 janvier-2 février), épreuve créée par la Confédération africaine en 2009 afin de favoriser, justement, l’émergence et le développement de joueurs issus des championnats nationaux. C’est d’ailleurs dans ce cadre très propice que la Zambie, demi-finaliste du CHAN 2009, a préparé sa victoire finale à la CAN 2012. Récemment invité à prendre part au tournoi de l’UFOA disputé au Ghana, le Gabon poursuit donc chez lui sa préparation au CHAN.
D’autres pays sont sérieusement engagés dans leurs préparatifs au CHAN : c’est le cas de la Mauritanie de l’ami Patrice Neveu, qui en termine avec un stage clé en Algérie, ponctué de matches amicaux. Idem pour l’Ethiopie, l’Ouganda ou encore le Burundi, qui étaient engagés jusqu’à dimanche dans le tournoi CECAFA au Kenya, dont ils ont été éliminés. Ces matches de compétition sont, évidemment, d’une grande importance avant d’aborder le CHAN : ils permettent d’éliminer les joueurs trop justes, d’en révéler d’autres, et de travailler automatismes et séquences dans un « relatif » anonymat, vis à vis de leurs adversaires potentiels. Le Burkina s’est de son côté rassuré en remportant l’UEMOA où l’on a aussi aperçu le Mali, pendant que Ghana et Nigeria brillaient au tournoi de l’UFOA (WAFU Cup). Cet été en Zambie - en juillet - Mozambique, Afrique du Sud et Zimbabwe ont eu la possibilité de se « rôder » lors de la Coupe COSAFA, qui rassemble les nations d’Afrique australe. Compétition remportée par la Zambie de Hervé Renard aux dépens du Zimbabwe… qui élimina cette même Zambie de la course au CHAN quelques semaines plus tard !
Bref, on l’a compris, tous ces tournois, qui existent pour certains depuis plusieurs décennies et sont soutenus par des organisations politiques et économiques, ont tous leur utilité - limitée, accusent leurs détracteurs-, quand bien même leur niveau général est souvent moyen. Les clubs français, d’ailleurs, y viennent quand même, au cas où, c’est dire. Ils sont parfois, et l’on terminera sur cette considération, l’opportunité unique pour certaines sélections nationales sans moyens de sortir du pays et de s’étalonner face à des équipes de calibre supérieur. Demandez donc à la Somalie, à l’Erythrée, au Soudan du Sud, au Tchad ou encore à la Guinée Bissau. Alors, de grâce, du respect pour les tournois sous-régionaux !

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D
Merci promouvoir le football africain.
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